L’escale

C’est étrange de se dire qu’en un instant, presque imperceptible dans le déroulement de nos départs, nous passons de nos vies ouvertes et quotidiennes, à un environnement clos, pour arriver ailleurs, confrontés à un autre nous, loin de ce que nous connaissons.

Bien sûr c’est une banalité de dire que les avions et les aéroports sont des lieux clos, et pourtant ce sont à travers eux que nous partons vers l’ailleurs et nous emmènent vers des mondes nouveaux.

Le contraste est saisissant entre l’immensité des aéroports, du ciel qui entoure la carlingue, et le silence dans les avions pendant les longs courriers, les téléphones qui ne vibrent plus faute de connexion…

L’impression que tout est fait, du moment du départ et nous tournons les clefs dans la porte de chez nous, jusqu’à l’arrivée à destination, pour nous isoler et nous préparer au changement, au voyage, à sa réalité et à ses révélations.

Comme si les infrastructures de voyage nous obligeaient à l’introspection.

Au milieu de la nuit dans l’immense avion endormi qui me portait en Asie, ce contraste entre la solitude, le silence, le fait d’être coupé du monde et justement l’idée que bientôt je serai immergée au milieu d’une ville bruyante, vivante… j’avais le sentiment d’une apnée qui durait des heures pour mieux m’éveiller à l’inconnu que j’allais rencontrer après ces heures dans des « non-lieux », dans des contre espace-temps où l’on ne compte plus le décalage horaire, où l’on ne sait jamais exactement où l’on est et si le « petit-déjeuner, repas du soir » délivré par la compagnie a un quelconque sens.

Les heures dans les aéroports, dans les avions, sont les prémices de ce qui nous attend. Déjà on frémit de curiosité, d’impatience, on est porté par les espoirs de découvertes et de rencontres. On ne peut qu’imaginer, nous préparer, compter les heures, attendre… Attendre que tout commence après cette latence dans le silence ou l’agitation, dans le confinement de l’immensité.

Avant que tout commence, que l’on se redécouvre, que l’on marche dans l’inconnu et qu’on sourît béat et un peu fatigué de ces heures de voyage.

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