Evaporation dans la magie birmane

7 janvier 2017 : atterrissage à Mandalay, au Myanmar.  Le voyage commence : pendant deux semaines je serai sur les routes birmanes. Je ne connais rien de ce pays, seulement ce que j’en ai lu dans les livres, les guides, vu sur internet…

Je rêve de voir un lever de soleil sur Bagan et de me perdre dans les jardins flottants du lac Inle, mais de tout cela je ne connais rien, je n’ai que des fantasmes. Je n’ai jamais mis les pieds en Asie et je m’attends alors un vivre un choc des cultures incroyable.

Au rêve sur le point de se réaliser se mêle l’appréhension, presque le tract de l’inconnu qui chatouille le fond du ventre…

Récit de deux semaines sur les routes birmanes.

Mandalay et sa province :

D’abord, cette route immense, goudronnée, belle au milieu de la terre sèche. Il doit faire près de trente degrés, et dans le taxi que je partage avec d’autres touristes, j’essaie par la fenêtre de deviner qui est la Birmanie, (ou Myanmar). Je veux déceler des indices avant même d’être arrivée au cœur de la ville de Mandalay où commence mon voyage.

Le suspens ne durera pas longtemps…

Les débuts s’annoncent pourtant plein de défis, la langue, l’alphabet et donc la peur de ne pas se repérer facilement dans les rues, la nourriture, et puis l’Autre. Qui est le Birman ? Comment l’approcher, l’aborder ? Dès les premières minutes dans les rues de Mandalay, je me suis posé cette question parce que j’ai eu peur. Je dois l’avouer. Tous les birmans me regardaient, tous chuchotaient sur mon passage, beaucoup m’interpellaient, me souriaient, tentaient quelques mots dans un anglais approximatif…

Je ne savais pas comment réagir, je me sentais un peu perdue et étrangère. J’avais peur de ne pas bien faire, de les froisser, de ne pas trouver un moyen d’échanger…

Tout est nouveau, rien ne ressemble à ce que je peux connaître, j’ai l’impression d’être un enfant, entre émerveillement et interrogation. Tout est bruyant, coloré, différent…

Malgré tout, dès le lendemain matin, à 5h, alors que la nuit était encore noire, et que les femmes assises en tailleur dans leurs « longyis » colorés (habit local) installaient leurs récoltes de légumes, de fruits et d’épices devant elle sur la route, j’ai pris un bus local, une sorte de grand tuk-tuk, remplie de femmes qui buvaient leur thé au jasmin dans de petites poches en plastique en rejoignant les marchés à l’extérieur de la ville.

Je devais rejoindre Amarapura, une ancienne cité royale où se trouve le plus long pont en teck du monde et où les touristes aguerris vont admirer le lever du soleil.

Quand le soleil dort encore, il fait froid, humide… et alors que le chauffeur du « bus » me disait que c’était au coin de ces deux rues et du chemin de fer que je devais descendre pour rejoindre le pont, j’aurais pu de nouveau avoir peur de me perdre et me demander ce que je faisais dans une ville inconnue, seule en pleine nuit, loin très loin du premier point tourisme du pays !

Mais non, après avoir demandé quatre ou cinq fois mon chemin à travers de petites ruelles bordées de petites maisons spartiates où les birmans vivent nombreux et en famille se réveillaient doucement, se préparant au passage des moines.

Car si Amarapura est connu pour son pont elle l’est aussi pour ses monastères.

Et puis, enfin, encore, dans la pénombre j’aperçus la structure impressionnante du pont qui se dessinait sur le lac Taungthaman.

La traversée du pont a duré deux heures. Au long des 1,2 kilomètres, j’ai regardé le soleil se lever, j’ai vu la lumière rose tout illuminé, j’ai croisé des moines, des femmes qui venaient de l’autre rive, des marchandises sur leur tête m’ont souri timidement, des enfants couraient, quelques rares touristes prenaient des photos…

Arrivée de l’autre côté du pont, je ne me souviendrai pas du nom de ce village, mais je sais que c’est là que tout a changé.

Les craintes de la veille, l’appréhension de passer deux semaines dans un pays inconnu… comme si la magie birmane avait opéré dans la brume du matin qui flottait encore dans l’atmosphère. J’ai tourné mon visage vers le soleil pour me réchauffer, j’ai respiré ces odeurs que je ne connaissais pas, j’ai ré ouvert les yeux et j’ai vu toute la magie qui m’entourait. Les jeunes filles, sublimes avec leur thanaka (maquillage birman ainsi que protection solaire) sur les joues, les tout petits aux yeux ensommeillés sur les scooters de leurs pères qui les emmenaient à l’école, les femmes sur leurs vélos débordant de fleurs fraîches aux milles couleurs, les moines aux robes orange vif, les stupas d’or cachées parmi les arbres, et les rayons du soleil qui se frayaient difficilement un chemin au milieu de la végétation dense.

Que ce soit à Mandalay qui est une grande ville avec ses grands immeubles et ses enfants collés aux smartphones, où dans les villages alentours, plus reculés, plus pauvres, la même impression, le même constat : les birmans sont d’une gentillesse incroyable, curieux de se frotter aux touristes qui viennent jusqu’à chez eux, heureux de nous raconter leur histoire. Partout et à toute heure je me suis sentie en sécurité, entourée des Birmans toujours prêts à aider… les temples cachés à chaque coin de rue, dans les montagnes, dans les campagnes, apaisent et invitent à une certaine évasion dans l’ailleurs, les couleurs, les odeurs complètent parfaitement le tableau de ce pays qui m’était inconnu et que j’avais l’impression de connaître après seulement trois jours.

Je ne dirai pas que la Birmanie, le Myanmar, fut un coup de cœur mais plutôt une révélation. Tout m’a plu, m’a touché.

Après cinq jours à Mandalay et dans sa province, j’avais le cœur lourd de devoir repartir vers Bagan. Simplement parce que Mandalay avait été celle qui m’avait fait découvrir, aimer, la Birmanie, elle avait été ma première fois, je lui été redevable de m’avoir si bien accueillie pour repartir sereine, curieuse, heureuse vers le reste des trésors du pays.

Alors prochaine étape : la mystique et merveilleuse Bagan… !

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