Evaporation dans la magie birmane (3)

 » Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté « .

Si ce sont ces vers qui me viennent naturellement pour vous raconter le Lac Inle, le principal n’y est pas. Le principal, c’est l’équilibre.

A l’image de ces pêcheurs sur une jambe que l’on rencontre dès les premières minutes sur le lac, tout sur le lac semble tenir en équilibre. Tous les éléments se répondent, se complètement pour ne pas risquer que tout chavire.

Il est à peine 7h quand je monte dans la petite embarcation en bois dans le petit port encombré de Nyaung Shwe pour rejoindre le lac Inle, ses villages, ses jardins flottants, ses manufactures de soie, ses orfèvres, ses pêcheurs, ses pagodes…

Il fait encore froid au départ de cette journée… Mais très vite, à la sortie du canal, les paillettes du soleil levant qui scintillent nous projette sur l’immensité du lac : à perte de vue, de l’eau. Au loin, sur l’horizon, on devine un premier village, les montagnes qui nous bordent semblent délimiter notre angle de vue et nous dire :  » Regarde droit devant toi visiteur! Regarde l’ombre des pêcheurs sur une jambe qui se dessine, sois attentif aux bruits du marché flottant qui se dresse dans la premier village que tu visiteras, regarde le travail de ses orfèvres dans ces grandes maisons flottantes et bancales, admire le travail de ses tisseuses de soie qui fabriquent les habits traditionnels des habitants de la région, mêle toi aux centaines de visiteurs venus prier dans la grande pagode de Hpaung Daw U, apprend à jouer au « billard » birman avec ton guide dans un restaurant du lac, recueille toi avec les moines dans le monastère aux chats qui n’ont pas de l’eau de Nga Phe Chaung… Et rentre à Nyaung Shwe. Rentre émerveillée, éblouie, sans voix, de ce petit monde où « tout n’est ordre et beauté, luxe, calme et volupté ».

Et ce fut ainsi. L’espace d’une journée, j’eus l’impression que rien n’existait d’autre que l’instant que je vivais, que le voyage que je faisais sur le lac, mon futur ne se dévoilait qu’au fil de l’horizon. Chaque arrêt, dans un marché, une manufacture, chaque ralentissement dans les méandres des jardins flottants (malheureusement pas encore en fleurs), me dévoilait une nouvelle surprise inattendue.

Alors que je ne comprenais comment autant de vie pouvait tenir sur les flots d’un lac immense qui semblait coupé de tout, je me rendis compte, que le lac était TOUT. J’assistais à la vie parfaitement équilibrée d’un microcosme flottant.

Personne ici ne manquait de rien, et rien ne semblait pouvoir déranger la quiétude des lieux.

Cette journée, fut certainement l’un des moments les plus marquants de ce séjour en Asie. Je me sens reconnaissante d’avoir pu partager, seulement pendant quelques heures, certes, la vie de ces Birmans, de m’ouvrir à cette vie qu’il mène, de m’apaiser au milieu de l’immensité du lac sur l’île que forme un monastère..

Même si je m’y sentais tellement bien que j’aurais pu y rester des heures, des jours, des semaines, en rentrant vers Nyaung Shwe, j’étais heureuse, car c’était ainsi. Le visiteur, venait et repartait, ne changeant en rien l’équilibre de la vie millénaire sur le lac Inle.

Je rejoignais cette ville bruyante, agréable de Nyaung Shwe. Elle recueillait les visiteurs du lac pour une nuit ou deux. Elle abritait leurs rêves de découvertes, elle les préparait à l’expédition qu’ils allaient faire et les réconfortait de leur retour sur la terre ferme vers d’autres découvertes plus lointaines.

C’était ma dernière étape en Birmanie. Bientôt je serai au Laos. Je repartais avec la sensation d’avoir eu accès à quelque chose d’exceptionnel. J’avais vécu ne serait-ce que quelques heures au milieu d’un équilibre parfait. J’avais appris à découvrir, à aimer les Birmans, leur pays, leur spiritualité, leur sourire… mais pas encore leur cuisine!

J’avais prié pour que tout puisse rester encore préservé, que cette beauté reste intacte, comme dans un rêve, un paradis un peu mystique…

J’appréciais la chance que j’avais eu de réaliser un de mes rêves et d’avoir vu des paysages et des âmes si belles que j’avais le sentiment de détenir à présent un pouvoir un peu spéciale, une force surhumaine…

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